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À l’approche de la Coupe du monde de la FIFA 2026, les supporters sont de plus en plus désireux de se procurer les maillots de leurs équipes nationales, pour une édition qui verra la participation de 48 équipes pour la première fois. Cependant, la flambée des prix des maillots officiels donne un coup de fouet au marché de la contrefaçon.
Les supporters sont confrontés à deux options : Acheter un maillot officiel qui coûte plus de 100 dollars, ou opter pour une version contrefaite qui ne coûte qu’un dixième de cette somme, même si beaucoup savent que ce marché parallèle est lié à des réseaux illégaux.
Certains acheteurs font la promotion des maillots contrefaits sur les forums en ligne, arguant que la différence entre ces maillots et les originaux est devenue difficile à percevoir. « Il est presque impossible de faire la différence entre les deux », a écrit un utilisateur après avoir reçu un faux maillot de l’équipe nationale d’Espagne 2026 en l’espace de dix jours.
D’après sa description, la chemise comporte un logo brodé au bon endroit et des détails fins avec des fils cachés, ce qui l’amène à louer le « très solide savoir-faire » de l’imitateur, qui vend la chemise pour seulement 15 euros.
Ce marché comprend les maillots d’équipe qui seront portés par les grandes stars de la Coupe du monde, comme Kylian Mbappé, le champion de 2022 Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, Lamine Yamal et d’autres.
La contrefaçon devient une vaste industrie
Delphine Sarfati, directrice générale de l’association des fabricants Unifab, a déploré la situation, déclarant à l’AFP : « Aujourd’hui, n’importe qui peut acheter un faux maillot de football en ligne, les saisies de produits contrefaits ont quadruplé depuis 2020, et la contrefaçon représente 15 % de la part de marché des articles de sport. »
M. Sarfati a prévenu que le phénomène n’était plus limité ou marginal, ajoutant : « Nous sommes passés d’une maman italienne qui les fabriquait (les chemises) dans un petit atelier à des usines entières en Chine : « Nous sommes passés d’une maman italienne qui les fabriquait (les chemises) dans un arrière-atelier à des usines entières en Chine ».
Cette caractérisation ne diffère guère de la position de Yann Ambach, chef du bureau de la politique tarifaire et commerciale des douanes françaises, qui a déclaré à l’AFP : « Nous sommes confrontés à des fraudes de grande ampleur, à des réseaux criminels, à des formes multiples de criminalité : Nous sommes face à une fraude de grande ampleur, à des réseaux criminels, à une criminalité multiple… ». « Fabriquer, transporter et acheter un produit contrefait n’est pas simple, on alimente des réseaux criminels, on perd des emplois, on perd des savoir-faire et on perd des recettes fiscales.
Les grands événements sportifs internationaux entraînent généralement une augmentation des saisies de produits de contrefaçon, a-t-il déclaré, précisant que 30 % du total des saisies concernaient des « jouets, des poupées et des accessoires de sport ».
Le maillot officiel devient un produit de luxe
La popularité des répliques de maillots est directement liée au prix élevé des versions officielles, certains maillots coûtant plus de 160 euros selon le type d’édition.
L’économiste Richard Duautwa estime que le maillot de football « est devenu un produit de luxe », expliquant que la distribution du prix final révèle les raisons de ces niveaux élevés, en particulier lorsque le coût de fabrication dans les pays asiatiques est faible et ne dépasse pas 10 % du prix final.
Selon ses explications, le distributeur perçoit environ 35 % du prix du maillot, tandis que 25 % reviennent à l’entreprise d’articles de sport, entre 8 et 15 % au club ou à la fédération, 5 % au transport et le reste sous forme de taxes.
M. Duautois souligne que ce système profite doublement aux équipes, puisque l’argent gagné par les équipementiers sportifs sert ensuite à financer des contrats de sponsoring faramineux, comme le contrat annuel de plus de 100 millions d’euros entre Nike et la Fédération française de football (FFF).
Le marché parallèle, quant à lui, fonctionne selon la logique de la production de masse, mais sans licence ni campagne de marketing, ce qui explique les bas prix des produits contrefaits.
La qualité des contrefaçons les rend difficiles à distinguer
Ippolit Gino, cofondateur de Line Up, un magasin parisien spécialisé dans les chemises vintage, a déclaré qu’il « comprend les gens qui se tournent vers les faux » face à l’inflation et à l’augmentation des prix.
La qualité des contrefaçons s’est tellement améliorée qu’il est devenu plus difficile, même pour les experts, de distinguer une chemise authentique d’une chemise contrefaite.
« Avec les nouveaux maillots qui sont devenus plus élaborés, vous devez regarder de très près les détails », a-t-il déclaré.
Gino pense que la distance entre les deux mondes peut être très étroite au stade de la production, ajoutant : « Je pense qu’ils (les maillots) sortent probablement des mêmes usines : « Je pense qu’ils (les maillots) sortent probablement des mêmes usines… Il y a beaucoup d’entreprises en Asie qui produisent le jour pour des entreprises d’articles de sport et la nuit pour un deuxième réseau. »
Le maillot n’est plus l’apanage des amateurs de football
La demande de maillots d’équipes et de clubs ne se limite plus aux supporters de football traditionnels. Ces dernières années, un nouveau type d’acheteurs est apparu, qui portent des maillots comme un article de mode plutôt que comme un simple symbole footballistique.
Gino affirme que depuis cinq ou six ans, son magasin a constaté l’arrivée de nouveaux clients sur ce marché, notamment des personnes qui achètent la chemise pour son beau dessin ou pour son aspect mode, qu’il s’agisse d’une chemise originale ou d’une imitation.
À l’approche de la Coupe du monde 2026, cette tendance devrait se renforcer, d’autant plus que le prix des produits officiels augmente et que la qualité des contrefaçons s’améliore, ce qui rend la lutte contre la contrefaçon plus difficile pour les autorités et les marques sportives.