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Après 22 ans d’attente, l’équipe nationale marocaine a retrouvé les demi-finales de la Coupe d’Afrique des Nations, après avoir battu le Cameroun vendredi soir (9 janvier) à Rabat. La victoire des Lions de l’Atlas (2-0) sur les « lions indomptés » n’est pas seulement une qualification, mais une étape importante qui clôt un long chapitre de tentatives qui se sont arrêtées à plusieurs reprises dans les tours décisifs, et qui ramène l’équipe dans le carré d’as pour la première fois depuis l’édition 2004, qu’elle avait terminée en tant que vice-championne.
Ce sommet était déjà entré dans le cercle de l’anticipation, ayant été présenté dans un article précédent intitulé : « Maroc vs Cameroun en quarts de finale de la CAN – une confrontation entre calculs sobres et enthousiasme extrême ! », une phrase qui résume assez bien ce qui s’est passé sur le terrain : Une performance mesurée, sans émotion excessive, et un esprit de décision dans les moments où l’équipe avait besoin de convertir le contrôle en buts.
L’excellence organisée à Moulay Abdallah et une fin sans fioritures
Dans un stade Moulay Abdallah plein à craquer, le Maroc a joué un match tactiquement « propre ». Il n’a pas poussé trop fort et n’a pas laissé d’espaces pour permettre au Cameroun de revenir. Walid Rikraki a gardé ses principes : La continuité d’abord, car une équipe qui gagne ne change pas. Il a donc repris la même équipe que celle qui a affronté la Tanzanie en demi-finale, avec Yassine Bounou dans les buts, avec une défense à quatre menée par Hakimi et Mazraoui sur les côtés, et Akred et Massena dans l’axe.
Au centre, Neel Al Ainawi était le point central, coupant, passant et équilibrant le tempo, tandis que Bilal Al Khanous et Ismail Sibari l’aidaient dans ses transitions et ses avancées progressives. En attaque, Ibrahim Diaz évoluait aux côtés d’Ayoub El Kaabi et d’El Zelzouli pour créer des espaces et profiter des erreurs de positionnement de la défense camerounaise.
Un bon départ et un but qui prouve la supériorité de l’équipe
Dès les premières minutes, le Maroc a semblé mieux maîtriser son sujet. Son pressing à la perte du ballon était rapide, et sa transition de la possession du ballon à l’attaque était directe mais pas téméraire. Le Cameroun a eu du mal à sortir le ballon correctement et ses idées offensives semblaient limitées, tandis que le Maroc se créait des occasions à intervalles réguliers.
Le premier but est intervenu à la 26e minute, sur un coup de pied arrêté joué avec précision par Hakimi. A l’intérieur de la surface, Kaabi s’est distingué par ses déplacements et son harcèlement des défenseurs, et le ballon est parvenu à Diaz, qui a terminé l’attaque avec succès, marquant son cinquième but du tournoi, confirmant une fois de plus sa valeur en tant que joueur le plus décisif dans le dernier tiers.
Avant la pause, le Maroc a ralenti le rythme du jeu, alors que le Cameroun essayait d’aller de l’avant et d’augmenter la pression, et les contacts dans l’axe sont devenus plus intenses. Le capitaine camerounais Toulou a reçu un carton jaune à la 39e minute après un tacle violent sur Diaz, ce qui signifie qu’il manquera le reste du match en raison d’une suspension. Zalzouli a failli ajouter un deuxième but à la fin de la première mi-temps, avec une frappe courbe qui a frôlé la lucarne d’Ibasi.
Deuxième mi-temps : De la patience et un coup d’éclat de Sibari
Au début de la seconde mi-temps, le Maroc se remet à presser et à avancer, mais avec un peu de patience dans le dernier geste. Les occasions se succèdent, mais la traduction n’est pas immédiate. A la 66ème minute, Rikraki choisit d’activer le banc en faisant entrer Youssef Nasiri et Sofiane Amrabet à la place de Kaabi et Khanous, afin de renforcer le physique de la défense et de stabiliser le contrôle dans les zones critiques.
Le deuxième but est intervenu à la 74e minute : une attaque sur le flanc s’est terminée par un ballon qui a rebondi sur un défenseur après une passe de Zelzouli et a trouvé Ismail Sibari, qui a marqué de la tête à bout portant. Après cela, l’entraîneur a procédé à d’autres changements : Rahimi et Targallen sont entrés en jeu à la place de Sibari et Zelzouli à la 85e minute, et Ighamani est entré en jeu à la place de Diaz à la 89e minute, transformant les dernières minutes en une gestion froide du match jusqu’au coup de sifflet final.
2-0… Une demi-finale tant attendue
La victoire du Maroc sur le Cameroun (2-0) n’a pas eu qu’une seule signification. Pour la première fois depuis 2004, les Lions de l’Atlas se retrouvent en demi-finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Un retour qui n’a rien à voir avec le passé : Une meilleure organisation, un rôle plus clair et une réduction des erreurs qui ont coûté cher à l’équipe lors des éditions précédentes.
2004: Point de départ et blessure finale
Tunisie 2004 reste un souvenir marquant dans l’histoire continentale du Maroc. Une équipe sans grand éclat atteint la finale, élimine des adversaires de taille, joue une demi-finale écrasante contre le Mali (4-0), avant de s’incliner en finale face à la Tunisie sur des erreurs défensives. Puis vinrent les années de tourmente : Une sortie prématurée en 2006, suivie des éditions 2008, 2012 et 2013 qui ont reflété des fluctuations dans les performances et les résultats.
Renard redonne du prestige… mais le seuil reste difficile à franchir
Avec Hervé Renard, le Maroc est revenu en 2017 en équipe organisée et respectée, avec une victoire impressionnante sur la Côte d’Ivoire, mais a été éliminé par l’Égypte en quarts de finale. La douleur se répète en 2019 contre le Bénin après un penalty manqué et une séance de tirs au but, puis en 2021 contre l’Égypte à nouveau après prolongation, malgré une prestation jugée bonne.
2023: La pression de l’après-Coupe du monde, puis une chute brutale
En 2023, le Maroc s’est présenté à la Coupe d’Afrique des Nations sur la lancée de la Coupe du Monde au Qatar et avec des attentes plus élevées que jamais. Les Marocains se sont d’abord montrés disciplinés, mais ils se sont effondrés en huitième de finale contre l’Afrique du Sud, une défaite qui a suscité un vaste débat sur leur capacité à supporter le poids de la candidature.
2025: Une version plus réaliste
Dans le tournoi au Maroc, l’équipe a progressé match après match sans que l’on puisse parler de grandes promesses. La victoire contre le Cameroun n’était pas une performance exceptionnelle, mais c’était une victoire disciplinée, suggérant que l’équipe ne court plus après le moment avec passion, mais qu’elle le crée avec sérénité. En atteignant les demi-finales, le Maroc se trouve dans une position différente : il ne se contente plus de lutter contre le souvenir des éliminations, mais il a une réelle chance de terminer le parcours à domicile.